Aller au contenu
Débutant

La suite (quinte) au poker : guide complet

Apprenez tout sur la suite au poker : définition, probabilités, tirages quinte, stratégie pour jouer les tirages suite et les différentes suites.

12 min de lecture Publié le 4 juillet 2026Mis à jour le 11 juillet 2026
CP

Équipe Combinaison Poker

Contenu éducatif documenté et révisé selon notre méthode éditoriale.

EN BREF

Apprenez tout sur la suite au poker : définition, probabilités, tirages quinte, stratégie pour jouer les tirages suite et les différentes suites.

Qu'est-ce qu'une suite au poker ?

Une suite (ou quinte, ou straight en anglais) est une combinaison de 5 cartes de valeurs consécutives, sans obligation de couleur.

Exemple : 10 9 8 7 6 (suite du 10 au 6)

La suite est la sixième meilleure main au poker. Elle bat le brelan mais perd contre la couleur. Pour une vue d'ensemble du classement des 10 combinaisons, consultez notre page sur le classement des mains au poker.

Les règles spéciales de la suite

L'As comme carte haute et basse

L'As est unique dans le jeu de cartes car il peut jouer deux rôles :

  • Carte haute : A K Q J 10 (la suite la plus haute)
  • Carte basse : A 2 3 4 5 (la suite la plus basse, appelée "roue" ou "wheel")

La suite A 2 3 4 5 est parfaitement valide. C'est la plus petite suite possible, aussi appelée "la roue" (wheel). Attention : la suite K A 2 3 4 n'existe pas. Les cartes doivent être strictement consécutives.

Les suites valides

SuiteCartesRang
A K Q J 10As hautLa plus haute
K Q J 10 9Roi hautTrès haute
5 4 3 2 AAs bas (roue)La plus basse

Probabilités de la suite

SituationProbabilitéCote
Suite dans une main aléatoire de 5 cartes0,392465 % (1 sur 254,8)253,8 contre 1
Tirage quinte par les deux bouts, prochaine carte au flop8 outs sur 4717,02 %, soit 4,88 contre 1
Tirage quinte ventral, prochaine carte au flop4 outs sur 478,51 %, soit 10,75 contre 1
Compléter un tirage open-ended du flop à la river31,45 %2,18 contre 1
Compléter un tirage ventral du flop à la river16,47 %5,07 contre 1

Probabilités détaillées par type de main de départ

Main de départStructure des suites possiblesEffet de la couleur
Cartes connectées (ex: 10 9)Plusieurs séquences peuvent utiliser les deux cartesAucun sur la probabilité de suite
Cartes connectées assorties (ex: J 10)Même potentiel de suite que les mêmes rangs non assortisAjoute un potentiel de couleur distinct
Cartes espacées (ex: A 7)Peu de séquences utilisent les deux cartesAucun
Paire servie (ex: 8 8)Une suite finale utilise au plus un des deux 8Aucun

Les différents types de tirages suite

Tirage quinte par les deux bouts (open-ended straight draw)

Vous avez 8 cartes pour compléter votre suite. Exemple : vous avez 9 8 et le board montre 10 7 3. Vous pouvez toucher un 6 ou un Valet (8 cartes).

Tirage quinte ventral (gutshot ou inside straight draw)

Vous avez 4 cartes pour compléter votre suite. Exemple : vous avez 9 8 et le board montre Q J 6. Vous devez toucher un 10 (quatre cartes) pour former Q-J-10-9-8.

Un gutshot offre quatre rangs-couleurs gagnants bruts contre huit pour un tirage ouvert. Un suivi dépend toutefois du prix, des outs propres, des mises futures et des ranges ; la taille absolue de la mise ne suffit pas.

Tirage quinte avec tirage couleur (combo draw)

Quand votre tirage quinte est aussi un tirage couleur, vous avez un combo draw. Exemple : vous avez J 10 et le board montre Q 9 3. Vous avez :

  • 8 outs pour la quinte (K ou 8)
  • 7 outs pour la couleur (les piques restants, sauf K et 8 déjà comptés)
  • Total : 15 outs (environ 54 % de chances de compléter)

Stratégie des tirages suite

Open-ended straight draw (tirage par les deux bouts)

Avec huit outs propres, la probabilité est d'environ 31,45 % du flop à la river si les deux cartes sont vues. Cette fréquence ne dicte pas une ligne agressive : fold, call ou relance dépendent du prix et des ranges.

Mise adversePot avant la miseCote offerteÉquité requise
1/4 pot1 pot5:116,67 %
1/2 pot1 pot3:125,0 %
3/4 pot1 pot2,33:130,0 %
Pot (mise = pot)1 pot2:133,33 %

Pour un appel limité à la prochaine carte, les 17,02 % de huit outs propres dépassent de peu les 16,67 % requis contre un quart du pot, mais restent sous les trois autres seuils. La probabilité de 31,45 % ne convient que si le même prix garantit de voir turn et river.

Gutshot (tirage ventral)

Avec quatre outs propres, un gutshot touche dans 8,51 % des cas sur la prochaine carte depuis le flop, ou 16,47 % d'ici la river si les deux cartes sont garanties. La décision dépend du prix immédiat, des outs supplémentaires réellement propres, des ranges, des positions et des mises futures.

Le semi-bluff avec un tirage suite

Comme pour la couleur, une relance avec un tirage suite combine équité de fold et équité au showdown. Elle n'est pas automatiquement correcte : il faut préciser les ranges, les positions, les tapis, la taille de mise et les outs propres.

Tableau récapitulatif des tirages suite

Type de tirageOutsProbabilité flop-riverProbabilité turn-riverQuand le jouer
Open-ended straight draw831,45 %17,39 %Comparer au prix et aux outs propres
Gutshot (ventral)416,47 %8,70 %Comparer au prix et aux outs propres
Double gutshot (deux trous)831,45 %17,39 %Huit outs bruts, comme un tirage ouvert
Open-ended + flush draw1554,12 %32,61 %Quinze outs seulement s'ils sont distincts et propres
Gutshot + flush draw1244,96 %26,09 %Douze outs seulement s'ils sont distincts et propres

Un double gutshot possède deux rangs intérieurs distincts qui complètent une suite. Avec 10 7 sur 9 8 2, chacun des quatre 6 et chacun des quatre Valets produit une suite : huit outs bruts au total. Toutes les cartes de l'exemple sont uniques.

Départage entre deux suites

Quand deux joueurs ont une suite, on compare la carte la plus haute de chaque suite.

Suite Joueur ASuite Joueur BGagnant
10 9 8 7 69 8 7 6 5A (10 > 9)
K Q J 10 9Q J 10 9 8A (K > Q)
5 4 3 2 A5 4 3 2 AEgalité (pot partagé)

Si les deux joueurs ont une suite de même hauteur, le pot est partagé : les familles ne départagent jamais deux suites. C'est fréquent quand les cinq meilleures valeurs sont entièrement sur le board.

Exemples concrets

Exemple 1 : Vous avez K Q et le board montre J 10 3 7 A. Vous avez une suite As-Roi-Dame-Valet-10 en utilisant l'As du board.

Exemple 2 : Vous avez 6 5 et le board montre 8 7 4 2 K. Vous avez une suite 8-7-6-5-4 avec votre 6 et votre 5.

Exemple 3 : même carte utile, résultats différents

  • Flop : 10 9 8
  • Joueur A : Q J possède déjà une suite à la Dame, Q-J-10-9-8.
  • Joueur B : K Q a seulement un tirage : un Valet lui donnerait K-Q-J-10-9, tandis qu'un 7 donnerait Q-J-10-9-8 seulement s'il détenait aussi un Valet.
  • Les cartes sont uniques et chaque meilleure main est reconstruite avec cinq cartes.

Exemple 4 : Piège de la suite basse

  • Board : 2 3 4 5 J
  • Joueur A : A 7 : a une suite A-2-3-4-5 (As bas)
  • Joueur B : 6 K : a une suite 6-5-4-3-2
  • Résultat : Joueur B gagne (6 > As quand As est bas dans la roue)

Jouer le tirage suite (open-ended straight draw) avec une paire

Quand vous avez déjà une paire et un tirage quinte par les deux bouts, votre main est beaucoup plus forte qu'un simple tirage. Par exemple :

Vous avez 10 10 sur un board J 9 8. Vous avez :

  • Une paire de 10 (déjà une main constituée)
  • Un tirage quinte par les deux bouts (une Dame ou un 7 donne la suite)
  • Total : 8 outs pour la quinte + 2 outs pour le brelan = 10 outs au total

Cette main possède dix améliorations brutes distinctes vers une suite ou un brelan, mais son équité contre une top paire dépend des cartes exactes, des bloqueurs et des redraws.

Les backdoor straight draws (tirages suite runner-runner)

Un tirage backdoor nécessite deux cartes précises ou appartenant à des ensembles successifs. Avec A K sur Q 7 4, un Valet au turn ne crée qu'un gutshot vers le 10, car le Roi est déjà en main. Il est trompeur de convertir tous les chemins runner-runner en « un out » fixe : il faut les dénombrer sans doublon.

Cartes connectées et potentiel de suite

Les cartes connectées participent à davantage de séquences que des rangs très éloignés. J 10 peut entrer dans quatre suites différentes ; A 7 ne peut pas utiliser simultanément ses deux rangs dans une suite standard. Ce potentiel ne classe pas à lui seul les mains de départ.

Pour une analyse plus approfondie des tirages couleur combinés aux tirages suite, consultez notre page sur la couleur au poker. Vous pouvez aussi découvrir comment le brelan interagit avec les tirages suite sur notre page brelan au poker.

Erreurs fréquentes avec les suites

Croire que K-A-2-3-4 est une suite

Cette combinaison n'est pas valide dans le jeu standard. L'As ne peut être qu'en position haute (A-K-Q-J-10) ou basse (A-2-3-4-5), jamais au milieu. En Short Deck, la suite basse couramment admise est A-6-7-8-9 ; il faut vérifier le règlement.

Surestimer un gutshot

Un gutshot à quatre outs propres se complète dans 16,47 % des cas d'ici la river si deux cartes sont vues, ou 8,51 % sur la prochaine carte depuis le flop. La décision dépend du prix et non d'une interdiction générale.

Ignorer les cartes du board

Si le board montre déjà 4 cartes d'une suite, méfiez-vous : vos adversaires peuvent avoir déjà complété leur tirage.

Lire les suites quand le tableau est doublé ou coordonné

Un tableau très connecté peut donner l'impression que chaque carte privative complète une suite. La bonne méthode consiste à rechercher toutes les séquences possibles de cinq valeurs, puis à retenir la plus haute autorisée. Sur 6 7 8 9 K, un 10 en main complète 6-7-8-9-10, tandis qu'un 5 complète 5-6-7-8-9. Le joueur avec le 10 gagne, car la carte la plus haute de sa suite est supérieure.

Une paire sur le tableau ne prolonge jamais une séquence. Sur 5 6 7 7 8, un 9 forme 5-6-7-8-9 malgré la seconde carte 7, qui n'est pas utilisée. Il n'existe pas de « double sept » dans une suite : les cinq valeurs doivent être distinctes et consécutives. De même, les couleurs n'ont aucune influence sur le départage entre deux suites ordinaires.

Attention enfin aux suites communes. Si le tableau affiche 4 5 6 7 8, tous les joueurs possèdent au moins une suite au huit. Un 9 améliore la main en suite au neuf s'il peut être associé à 5-6-7-8, mais un as ne change rien. Il faut donc comparer les cinq cartes finales plutôt que la force apparente des cartes privatives. Cette discipline rejoint les règles générales du classement des mains et du kicker, même si le kicker n'intervient jamais pour départager deux suites.

Références

Questions fréquentes

Est-ce qu'une suite bat un brelan ?

Oui, la suite (quinte) bat le brelan. Au classement des mains, la suite est en 6e position et le brelan en 7e.

Quelle est la différence entre suite et quinte ?

Il n'y a aucune différence. "Suite" et "quinte" sont deux mots qui désignent exactement la même combinaison : 5 cartes consécutives. "Quinte" est le terme français traditionnel, "suite" est plus moderne. Les deux sont corrects.

L'As peut-il être au milieu d'une suite ?

Non. L'As ne peut être qu'en position haute (A K Q J 10) ou position basse (A 2 3 4 5). Les combinaisons comme K A 2 3 4 ou Q K A 2 3 ne sont pas valides.

Quelle est la suite la plus forte ?

La suite la plus forte est As-Roi-Dame-Valet-10 (appelée "Broadway"). Elle bat toutes les autres suites. La plus faible est As-2-3-4-5 (la roue).

Pourquoi certains tirages suite sont-ils dangereux ?

Parce que vous pouvez toucher votre carte et perdre quand même. Par exemple, vous avez 8 6 sur 9 7 2. Le 10 vous donne 10-9-8-7-6, mais un adversaire avec J 8 joue J-10-9-8-7. Toutes les cartes sont distinctes : le même 10 complète ici deux suites de hauteurs différentes.

Quel prix peut-on comparer à un tirage par les deux bouts ?

Cela dépend du prix à payer et des mises futures. Les 31,5 % correspondent approximativement à huit outs vus du flop jusqu'à la river sans coût supplémentaire, par exemple après un tapis. Pour un appel limité à la prochaine carte, la probabilité est 8/47, soit environ 17,0 %, et la cote requise n'est donc pas la même.